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Formel - informel : production urbaine en Asie

Date limite : 8 février 2019
Horaires : 09h00-18h00
Contact : LIU Yang Courriel
Page web de réference : https://umrausser.hypotheses.org/9239
Lieu : ENSA Paris-Belleville
Aires : Chine, Vietnam, Inde
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Appel à contributions pour le Séminaire « Villes Asiatiques »

Formel - informel : production urbaine en Asie



Organisation: DSA « Architecture et projet urbain, mention « Architecture des Territoires » (ENSA Paris-Belleville), en collaboration avec l’IPRAUS

Date d’échéance pour l’envoi un résumé (max. 300 mots) accompagné d’une courte biographie : 10 décembre 2018

Notification d’acceptation : 20 décembre 2018

Lieu du séminaire : Salle 12, ENSA Paris Belleville, 60 bd de la Villette, 75019 Paris

Date du séminaire : 08 février 2019, 9h00 - 18h00

Pour l’envoi des résumés, toute question et demande d’information :

Yang LIU

Enseignante à l’ENSAPB, chercheuse associée à l’IPRAUS,

liuspoon7@gmail.com

Christine BELMONTE

Responsable administrative du DSA « Architecture des territoires », belmonte.ensapb@gmail.com

 

Le Séminaire « Villes Asiatiques » a lieu chaque année dans le cadre du DSA « Architecture et projet urbain : Architecture des Territoires » de l’ENSA Paris-Belleville. Il est organisé en lien avec le laboratoire IPRAUS et l’UMR AUSSER, dont l’un des principaux axes de recherche porte sur les villes asiatiques.[i] Il offre une occasion de découvrir, comprendre, questionner les enjeux émergents dans cette région du monde, d’échanger entre étudiants, enseignants, chercheurs et praticiens, et de présenter des contributions qui actualisent les spécificités des trajectoires urbaines des métropoles asiatiques.[ii]

Le séminaire de 2019 porte sur la question qui porte sur les deux extrêmes de la production urbaine en Asie : la formalité et l’informalité. Si « la distinction (formel-informel) est un instrument conceptuel à multiples facettes servant à nommer, gérer, gouverner, produire et même analyser de manière critique les villes contemporaines »[iii], elle est bien représentative pour expliquer les caractéristiques d’habitat souvent très distinctes dans des pays asiatiques.

 

D’une manière générale, la « formalité » signifie ici le respect de normes constructives et urbanistiques. Elle est souvent le fruit d’une planification contrôlée et influencée par des politiques urbaines promues par le gouvernement. Les « nouveaux villages » (xincun) sont construits massivement en Chine au début des années 1950 pour loger des familles d’ouvriers. Puis ils deviennent un modèle national pour offrir des logements sociaux jusqu’aux années 1990. Les « nouvelles zones urbaines » (khu do thi moi, ou KDTM), dans les franges de la métropole d’Hanoï, apparaissent dans le contexte de transition et de décollage économique à la fin des années 1990 (Fanchette, 2015). Ce  phénomène a pris de l’ampleur aujourd’hui et domine dans le reste du pays la production planifiée de l’espace urbain (Labbé et Musil, 2017). Quelles sont les influences de ces modèles dans l’histoire de la production urbaine en Asie ? Comment sont réalisés ces quartiers et suivant quels jeux d’acteurs ?  Pour les modèles toujours à l’œuvre, quel est leur état actuel et quelles sont les tendances ?

L’informalité peut désigner des réalités urbaines très différentes : irréguliers ou pas, précaires ou pas,  spontanés ou pas. Leur formation se fait en dehors du contexte institutionnel qui se traduit le plus souvent par une insuffisance des services de base, de la qualité de construction ou par une occupation de l’espace non reconnue par les autorités (Clerc, 2010). Dans les pays asiatiques, les quartiers informels sont de natures très différentes. Les « villages urbains » (chengzhongcun) dans certaines métropoles chinoises sont d’anciens villages ruraux absorbés par l’extension des zones urbaines où, en raison de la valorisation foncière, des maisons sont remplacées par des mini-tours de logements loués aux migrants internes. Les maisons situées en dehors de la digue du fleuve rouge à Hanoï sont exposées au risque d’inondation, sans que cela n’empêche le développement d’un quartier actif. Dharavi, l’un des plus grands bidonvilles en Asie, se développe suite aux flux migratoires successifs et devient une zone très dynamique au centre ville de Mumbai en Inde. Face à l’importance de ces quartiers sur les plans sociaux, démographiques et économiques, il est opportun de s’interroger sur leur émergence et leur développement. De quelles manières s’intègrent-ils aux zones urbaines ? Si les « villages urbains » en Chine ont une tendance à disparaître par la volonté du gouvernement, quelles politiques sont développées à ce sujet dans d’autres pays ?

Parallèlement, existe-t-il des espaces que l’on pourrait situer dans un « entre-deux » du formel et de l’informel ? Selon Valérie Clerc, « il suffit d’un peu d’informel pour ne plus être formel ». Dans ses cas d’étude à Phnom Penh au Cambodge, la limite exacte entre formel et informel est difficile à appréhender. Ainsi, il est possible de proposer ce qui pourrait être davantage « formalisé » dans les « urbanismes infomels »[iv]. Dans une autre recherche de Fanny Gerbeaud, on découvre comment le quartier informel de Sanam Polo à Bangkok en Thaïlande a été « formalisé » après un incendie, et s’ouvre désormais aux classes moyennes. Ainsi, la discussion sur la formalité et l’informalité fait l’objet d’une vaste littérature. Certains pensent qu’elles ne devraient pas considérées comme deux domaines opposés et séparés (Bunnel &Harris, 2012 ; McFarlance, 2012). La formalité-informalité est plutôt un concept avec deux facettes au lieu de deux concepts en opposition (Dovey, 2012). 

A partir des recherches récentes il est possibles de questionner la dichotomie formel-informel, afin de repenser la manière dont l’on développe l’habitat et produit la ville contemporaine en Asie : quelles sont des relations entre ville formelle et informelle en Asie ? A travers quels processus est-il produit  et quel rôle joue l’habitat dans ces reconfigurations urbaines ? 

 

 

Bibliographie

Labbé D. et Musil C. (2017), « Les nouvelles zones urbaines de Hanoï (Vietnam) : dynamiques spatiales et enjeux territoriaux », M@ppemonde, n°12.

McFarlane C. (2016), « Repenser l’informalité : la politique, les crises et la ville », Lien social et Politiques, n°7, p.44-76.

Clerc V. (2010), « Du formel à l’informel dans la fabrique de la ville. Politiques foncières et marchés immobilières à Phnom Penh », Espace et sociétés, n°143.

Gerbead F. (2011), « L’habitat spontané comme un outil de développement urbain. Le cas de Bangkok », Moussons, n°18, p. 121-138.

Bunnell T., Harris A. (2012) « Re-viewing informality: perspectives from urban Asia », International Development Planning Review, n°34, p.48.

Dovey K. (2012), « Informal urbanism and complex adaptive assemblage » International Development

Planning Review, n°34, p.67.

McFarlane C (2012), « Rethinking informality: politics, crisis and the city », Planning Theory & Practice, n°13, p.89–108.

Koster M. & Muijten M. (2016), « Coproducing urban space : Rethinking the formal/informal dichotomy », Singapore Joural of Tropical Georgraphy, n°37, p. 282-294.

 

[i] Voir la présentation de l’axe 2 de l’UMR AUSser « Architectures et villes de l’Asie contemporaine. Héritages et projets » :

 http://www.umrausser.cnrs.fr/axe-2-architectures-et-villes-de-l-asie-contemporaine-heritages-et-projets

[ii] ENSA Paris-Belleville, plaquette DSA « Architecture et projets urbains », 2016.

[iii] MCFRLANE C. (2016), « Repenser l’informalité : la politique, les crises et la ville », Lien social et Politiques, n°7, p.44-76.

[iv] Séminaire de recherche « Formel/informel, besoin des deux », organisé à l’ENSAVT le 15 janvier 2018.


 
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