Asiatiques et Provençaux. Regards croisés

Asiatiques et Provençaux. Regards croisés

Journée d’études

26 avril 2019

Asiatiques et Provençaux. Regards croisés

organisée par l'Institut de recherches asiatiques (IRASIA, AMU-CNRS)

Aix Marseille Université, campus Saint Charles, 3 place V. Hugo, Marseille

Espace Yves Mathieu, salle LSH 406

 

 

L’imaginaire exotique des Provençaux s’est, pendant des siècles, nourri de la fascination de l’Empire ottoman, de la fréquentation des Echelles du Levant ou des relations avec les ports du Maghreb : avant le XIXème siècle, les relations avec l’Asie orientale passaient plus volontiers par l’Atlantique que par la Méditerranée. Après 1840 toutefois (première guerre de l’opium) et surtout après l’ouverture du canal de Suez, Marseille et Toulon deviennent les têtes de pont vers l’Extrême-Orient, supplantant seulement alors Bordeaux ou Lorient. A partir de ce moment, de nombreux Provençaux se sont établis en Asie tout en conservant des liens avec leur petite patrie, ce qui a entraîné un flux d’informations, de pratiques culturelles (arts, architecture, cuisine, botanique) de l’Est vers la Méditerranée, flux mal enregistré car lié à des pratiques informelles. Ces flux se sont perpétués lorsque ces Provençaux sont revenus sur les bords de la Méditerranée où ils ont amené des pratiques et des goûts exotiques. En sens inverse, des travailleurs asiatiques, des étudiants asiatiques et, pendant les guerres, des combattants asiatiques ont longuement séjourné en Provence, s’y sont parfois établis définitivement, y ont en tous cas exporté leurs pratiques culturelles tout en se livrant à des observations sur cette Provence où ils vivaient. Ce flux s’est perpétué pendant la période post-coloniale, ce dont témoigne le nombre des associations asiatiques.

 

Il ne faut pas toutefois surévaluer les traces de ces relations : la rue d’Alger à Toulon ou la porte d’Orient à Marseille ont une place bien plus importante dans la topographie urbaine que la rue de Sontay à Aix-en-Provence ou que le parc de l’Indochine à Nice et la fête de l’Aïd el-Kebir est très certainement célébrée plus massivement en Provence que la fête du Têt. Aussi, l’objectif de la journée d’études n’est pas de montrer l’universalité des traces extrême-orientales en Provence, mais d’approcher les transmissions de pratiques au sein de groupes humains qui ont toujours été minoritaires, transmissions qui s’effectuent donc le plus souvent dans la sphère privée et la façon dont ces pratiques sont perçues dans le monde extérieur : l’observation des traces nombreuses, matérielles et immatérielles qu’ont laissées les relations entre la Provence et l’Extrême-Orient suggèrent en effet un enracinement dans les mentalités, en Asie aussi bien qu’en Provence. Le second objectif de cette journée d'études est de dresser un inventaire des ressources disponibles en Provence quant aux études asiatiques, en vue d'un colloque international qui serait susceptible d’être organisé en 2020 à Marseille.

Asiatiques et Provençaux. Regards croisés