Montesquieu hors d’Europe. Traductions et usages de L’Esprit des lois

Montesquieu hors d’Europe. Traductions et usages de L’Esprit des lois

Colloque international, Université Bordeaux Montaigne, printemps 2020

Organisateur : Eddy Dufourmont (Université Bordeaux Montaigne, SPH EA 4574).

Contact : eddy.dufourmont@u-bordeaux-montaigne.fr

PRÉSENTATION

  De l’Esprit des lois est un monument qui déroute à double titre ; tout d’abord par son ampleur (plus de mille pages pour quatorze ans de travail), ensuite par sa difficulté de lecture. L’œuvre maitresse de Montesquieu a suscité une grande diversité d’interprétations : salué comme le moment fondateur de la science politique, certains voient en lui l’expression du républicanisme moderne alors que d’autres préfèrent le ranger dans le crédo libéral. La multiplicité des thèmes abordés, dans un désordre apparent, ne manque pas de troubler : dans sa recherche des causes physiques et morales des institutions, Montesquieu propose tour à tour une théorie sur la loi, sur les types de gouvernements ; une réflexion sur la liberté politique ainsi qu’une théorie des climats et de « l'esprit général ». Cet ouvrage fut aussi celui par lequel Montesquieu donna matière au concept de despotisme qu’il inventa, rassemblant sous l’adjectif « oriental » associé à ce régime politique, entre autres, les empires Ottoman et Perse, la Chine et le Japon.

  Comment ce monument des Lumières a-t-il été lu hors d’Europe, notamment dans les pays que Montesquieu rangea dans la catégorie du despotisme ? Quels défis représentèrent la traduction de l’œuvre et la compréhension des thèmes abordés ? Quel en fut l’usage dans un contexte d’introduction de la philosophie politique européenne ? Ces questions qui s’imposent très tôt dans le Japon moderne (où L’Esprit des lois est traduit dès 1875), concernent certainement aussi une bonne partie des pays d’Asie ou d’ailleurs. Du moins tels sont les thèmes que nous invitons tous les spécialistes de langues non-européennes à discuter. La réflexion devra s’orienter vers l’analyse de la traduction de tout ou partie des thèmes constitutifs de l’ouvrage, avec le souci de s’inscrire dans la perspective du transfert culturel et de l’histoire intellectuelle.

La langue du colloque sera le français et l’anglais.

Le dépôt des propositions devra se faire avant le 1er Juillet 2019.