Figures de l'homme : au croisement des différences. Europe-Asie

Figures de l'homme : au croisement des différences. Europe-Asie

Que penser et comment penser le rapport Orient/Occident ? Ce genre de questions, mille fois posées, n’attend en fait aucune réponse. Et notre intention n’est pas d’entrer dans des querelles culturelles ou de revenir sur les diverses formes d’orientalisme. Notre projet est plus discret. Il s’agit en fait de toucher une sorte d’altérité intérieure autour de cette figure de l’homme, hors de toute revendication politique ou culturelle. Et loin de proposer une représentation définitive de ‘la figure de l’Homme’ nous souhaitons plutôt faire converser l’entre-deux des choses, l’entre-deux d’un Orient et d’un Occident dans l’espoir de rendre visible ce qui pourrait les relier.

À partir de grandes figures de la pensée et de la littérature chinoise, française, japonaise, du Maghreb et taïwanaise, nous avons voulu présenter un regard croisé sur ces récits de l’homme.

Maurice Blanchot, Cai Yuanpei, Auguste Comte, la culture aborigène taïwanaise, Jacques Derrida, Mouloud Feraoun, Michel Foucault, Maurice Irisson, Emmanuel Levinas, les Lumières, Jean-François Lyotard, Sôseki, Tao Yuan-Ming, Chen Shih-Hsiang, Émile Zola… nous serviront de guide pour tenter de dénouer les méandres de ces pensées qui s’enchevêtrent. Les approches proposées entrecroisent des lectures anthropologique, artistique, géographique, historique, journalistique, linguistique, littéraire philosophique pour offrir une pluralité de lectures sur un problème difficile à circonscrire : Quel est l’homme des Grands Récits, autrement dit comment comprendre le progrès de l’humanité mais surtout comment saisir la figure de l’homme que ces Grands Récits tentent de dessiner ?

C’est la figure de l’altérité et de la différence que nous avons essayé de clarifier à travers quatre entrées. La première a pour intention de réfléchir sur notre perception de l’autre, la deuxième réfléchit sur la manière dont l’homme est fabriqué, la troisième s’attarde sur les miroitements que l’altérité dessine, et la dernière pose la question de l’acte de création en croisant la pensée chinoise et la pensée française du XIXe siècle. L’ensemble de ce parcours est encadré par une longue introduction qui pose philosophiquement la question de la différence et de l’identité à travers la lecture critique de Derrida par Levinas, et par une conclusion qui questionne la généalogie du sujet.