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Johan Krieg, membre du bureau des jeunes chercheur.e.s du GIS Asie

Johan Krieg, membre du bureau des jeunes chercheur.e.s du GIS Asie

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Le Bureau des Jeunes chercheur.e.s du GIS Asie a été renouvelé au début de l’année pour une période de deux ans. Nous vous invitons à mieux connaître l’un de ses 6 membres. Ce mois-ci nous vous présentons Johan Krieg, qui est doctorant en ethnologie à l’université Paris Nanterre, affilié au Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (LESC). Sa thèse intitulée : « Du renoncement au monde à l’environnementalisme dans l’hindouisme sectaire à Rishikesh, Uttarakhand (Inde) », est dirigée par Anne de Sales et Raphaël Voix.

Dans son mémoire de master intitulé « La fondation Saṅkaṭa Mocana : une réponse hindoue et scientifique à la pollution du Gange à Varanasi », Johan Krieg examine le lien entre l’hindouisme, la science moderne et l’environnementalisme à travers l’étude d’une ONG à Varanasi, la Saṅkaṭa Mocana Foundation (SMF), qui propose une solution scientifique et hindoue pour lutter contre la pollution du Gange. Son travail, en tentant d’apporter certains éléments de réflexion relatifs aux différentes expériences de la sacralisation du monde naturel par les hindous, a mis en exergue la complexité d’un tel sujet. En effet, au regard du caractère essentiellement protéiforme de ce vaste phénomène qu’on désigne sous le nom d’« hindouisme », les réponses apportées par la population hindoue aux crises environnementales auxquelles elle fait face sont nécessairement diverses et variées. La richesse de cette thématique l’a invité à approfondir son analyse sur les relations complexes que les hindous tissent avec leur milieu naturel.

L’étude doctorale de Johan Krieg porte sur l’un des traits marquants de la vitalité de l’hindouisme contemporain : l’intervention croissante de monastères hindous dans les questions sociétales en Inde, et plus spécifiquement, depuis peu, dans l’environnementalisme. Cette thèse vise à explorer les relations que les hindous membres d’une tradition monastique entretiennent avec l’environnement. Il s’agit, d’une part, d’examiner la relecture de l’hindouisme (ses textes, ses façons d’agir dans le monde) pour répondre aux défis environnementaux et, d’autre part, les déterminants politiques qui sous-tendent certaines des actions de protection de l’environnement menées par ces monastères. Le premier axe de recherche traite de l’analyse des mesures proposées afin de répondre aux défis écologiques du monde moderne. Il s’agit notamment d’examiner les solutions envisagées par des ascètes hindous pour protéger l’environnement, les légitimations qu’ils tirent de l’enseignement de l’hindouisme sur la nature et la façon dont ils harmonisent les premières et les secondes au nom de leur autorité religieuse. Le second axe de cette étude poursuit une réflexion amorcée depuis une dizaine d’années par les recherches en sciences sociales qui abordent les conceptions et les usages de la nature dans l’hindouisme. Ces travaux mettent en évidence la récupération politique de l’écologie par les nationalistes hindous. Dans quelle mesure certaines institutions hindoues engagées dans la protection de l’environnement participent-elles à la politisation de l’hindouisme à laquelle on assiste dans l’Inde contemporaine? Cette thèse se propose de montrer de quelle manière des acteurs qui se rattachent à une tradition monastique hindoue répondent aux nouveaux enjeux sociaux, politiques et écologiques de l’Inde du XXIe siècle.

Il est l’auteur d’un chapitre d’ouvrage collectif à paraître « Le Gange à Varanasi, controverses autour d’un fleuve « sacré » et pollué» (Garnier) et de « Covid-19 : des ascètes hindous espèrent sauver la planète » (The Conversation, 2020). Entre 2019 et 2020, il enseigne dans le département d’Anthropologie de l’Université Paris Nanterre et dans le département Asie du Sud et Himalaya à l’Institut national des langues et civilisations orientales.

© Johan Krieg