La Chine mondialisée : diasporas et appropriations intellectuelles, culturelles et techniques

La Chine mondialisée : diasporas et appropriations intellectuelles, culturelles et techniques

Le Centre d'Études sur la Chine Moderne et Contemporaine vous invite à la journée d’étude organisée par Catherine Jami (CNRS, CCJ-CECMC) et Xavier Paulès (EHESS, CCJ-CECMC)
 
📅 Lundi 23 novembre 2020 à partir de 9h00
📍 Salle des Lombard, 96 bd Raspail, 75006 Paris // En ligne

À propos de l'événement

Les études sur la diaspora chinoise sont surabondantes et issues de communautés scientifiques diverses. Elles ont longtemps été et continuent d’être inspirée par un cadre national, voire nationaliste. On peut, au risque de schématiser à l’extrême, distinguer quatre directions principales et non exclusives les unes des autres. Les études menées dans les pays d’implantation des Huaqiao ont privilégié la problématique de l’intégration à la communauté nationale. L’opposition sojourner/settler a ainsi été énormément travaillée, notamment aux États-Unis. Les études menées en Chine et à Taiwan, elles, ont été marquées au contraire par le thème de la fidélité à la communauté nationale de départ (exaltation du patriotisme des Huaqiao). En lien partiel avec cet angle d’approche (problématique de la re-sinification initiée par Denys Lombard), un autre ensemble d’études ont examiné comment les communautés s’organisent et se structurent (écoles, associations, presse, cultes). Enfin, nombreuses ont été les recherches qui se sont penchées, souvent avec une tendance à l’hagiographie, sur des figures individuelles, comme des entrepreneurs ou des pédagogues, ayant connu les plus brillantes réussites.

Dans ce paysage, force est de constater que la question des circulations entre les communautés de Chinois d’Outre-mer et les sociétés qui les accueillent, elle, a fait l’objet d’une attention bien moindre. Pourtant, ce qui est là en jeu n’est pas mince. Il s’agit de la capacité de la Chine, par l’intermédiaire de cette diaspora, d’exercer une influence à l’extérieur de ses frontières dans le domaine intellectuel, culturel, technique et matériel. C’est à cette facette trop peu travaillée du phénomène diasporique que la journée d’étude La Chine mondialisée : diasporas et appropriations intellectuelles, culturelles et techniques entend se consacrer.

Cette journée rassemblera une douzaine de chercheurs francophones dont une partie seulement sont des spécialistes des études diasporiques. Notre ambition est de faire un tour d’horizon de la façon dont cette diaspora propage ses langues, ses idées et ses modes de vie. Qu’est-ce qui circule ? Est-il légitime de dire que ces savoirs et ces pratiques ressortissent de LA culture chinoise ou bien est-il plus pertinent de les subsumer sous des cultures que l’on peut qualifier de régionales (cantonais, hakka, teochew, hokkien, etc.) ? Quels sont les acteurs et les modalités de ses différentes transmissions ? Comment, enfin, situer ces appropriations dans la longue durée, notamment dans l’histoire des phénomènes de circulation des savoirs ? Et en particulier, dans quelle mesure l’extension sans précédent de la diaspora qui se produit au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et des premières décennies du XXe de la diaspora les modifie-t-elle qualitativement et quantitativement ? 

La Chine mondialisée : diasporas et appropriations intellectuelles, culturelles et techniques