La fabrique de l’art au Japon. Portrait sociologique d’un marché de l’art

La fabrique de l’art au Japon. Portrait sociologique d’un marché de l’art

Le jour anniversaire de la naissance de Van Gogh, le 30 mars 1987, une compagnie d’assurances japonaise achète ses Tournesols pour 24,7 millions de livres. L’argent japonais déferle sur l’art mondial. En trente ans à peine, collection, spéculation et krach vont faire du Japon un marché de l’art unique, primordial et atypique. Nul autre pays ne peut s’enorgueillir d’une telle variété de circuits artistiques, de réseaux de marchands. Nul autre n’a pu déployer autant d’expositions de premier plan dans les musées ou dans les grands magasins, en échafaudant de complexes et profitables partenariats avec des mécènes privés et les quotidiens nationaux.

Dans cette enquête sociologique rigoureuse, l’auteur dresse un état des lieux de la vente des œuvres d’art, en examinant les positions et les interdépendances de l’ensemble des acteurs. Elle revient aussi sur les grandes étapes historiques constitutives de cet univers, dévoilant les rouages du « rattrapage culturel » qui a poussé à la création de nombreux musées, à l’investissement public et philanthropique, et à la modernisation du marché de l’art. Cléa Patin analyse en particulier la formation, puis l’explosion dévastatrice de la bulle spéculative des quinze dernières années du XXe siècle. Et nous livre ici une réflexion délicate sur la manière dont les Japonais appréhendent le risque économique et la culture.


Cléa Patin est maître de conférences à l’université Jean Moulin dans le département des études japonaises. Sa thèse de doctorat menée conjointement à l’Université de Tokyo et à l’EHESS, a reçu le prix Shibusawa-Claudel 2013.