Le champ patrimonial et sa fabrique urbaine en Asie du Sud-Est | Moussons n°36

Le champ patrimonial et sa fabrique urbaine en Asie du Sud-Est | Moussons n°36

Sous la direction de Adèle Esposito Andujar, Charles Goldblum et Nathalie Lancret

Lieux d’inscription des sociétés humaines dans la durée, les villes présentent aussi ce paradoxe d’être, dans la modernité, lieu et vecteur du changement. À cet égard, l’idée de protection du « patrimoine urbain » entretient une relation complexe avec les forces de transformation, voire de destruction, qui agitent les villes contemporaines. Concernant l’Asie du Sud-Est, c’est d’abord sous les auspices de l’archéologie et de la monumentalité que les objets et espaces bâtis ont été sélectivement reconnus comme patrimoine. Cependant, depuis les années 1980, le domaine relatif au patrimoine bâti s’est ouvert aux centres anciens des villes vivantes et, plus récemment, à la dimension villageoise et paysagère des territoires environnant les grands sites archéologiques. En phase avec l’évolution des conceptions du patrimoine promues par l’UNESCO et à la faveur des politiques de mise en valeur touristique des territoires, la diffusion des conceptions et des pratiques du patrimoine à l’échelle de l’Asie du Sud-Est se traduit par la mise en place de nouveaux dispositifs institutionnels, techniques, langagiers aussi – objets de débats sur fond d’effacement des traces des centres et sites historiques au profit des transitions urbaines. L’Asie du Sud-Est présente ainsi un contexte particulièrement approprié pour mener une réflexion sur la constitution du champ patrimonial dans ses dimensions territoriale et urbaine, ses tendances et ses tensions, sans négliger ses ambiguïtés. Tel est l’objet des six articles composant le dossier thématique, ceux-ci gravitant autour des thèmes suivants : Le patrimoine en situation de projet ; Les mots du patrimoine à l’épreuve de la traduction ; Acteurs, « passeurs » et démarches participatives. Enfin, deux articles bouclent ce numéro avec la rubrique « Varia » : l’un porte sur l’introduction et la répression du communisme au Siam entre 1920 et 1930 et l’autre sur les relations État-population rurale dans les projets de développement au nord du Vietnam.

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Le champ patrimonial et sa fabrique urbaine en Asie du Sud-Est