Le Moi, l'Autre et l'Ecriture dans les cycles indochinois et indien de Marguerite Duras

Le Moi, l'Autre et l'Ecriture dans les cycles indochinois et indien de Marguerite Duras

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Soutenue en par Thi Thu Ba Tran

Un lien étroit peut être tissé entre le Moi, l'Autre et l’écriture dans les cycles indochinois et indien de Marguerite Duras, et son origine peut être relevée à travers ses personnages. Le contact avec l'Autre – un autre pays, une autre culture – conduit la jeune fille de L’Amant au seuil du monde adulte à l’âge de quinze ans et demi. Le vécu traumatique mais enrichissant stocké dans l’ombre interne que chacun porte en soi et qui ne peut s’écouler que par le langage, devient le moteur de l’écriture durassienne. Le retour de l’enfance indochinoise dans l’espace littéraire laisse percevoir les aveux limites de la jeune fille. Les textes dévoilent le visage de la jouissance que l’alcool viendra dévaster plus tard. « L’écriture courante » semble mettre à la lumière les « périodes cachées » que l’écrivaine n’a pas pu raconter tant que les membres de sa famille étaient vivants. La métamorphose des femmes en reines et en prostituées dans les textes durassiens valorise le désir. Raconter le passé signifie mettre à nu le Moi intime, se retrouver devant l'Autre inconnu mais familier. Ainsi, la voix du passé imprègne la voix de l’identité jaune et la langue jaune que l’écrivaine refoule lors de son retour définitif en France en 1931.