Le soufi et le commissaire. Les confréries musulmanes en URSS

Le soufi et le commissaire. Les confréries musulmanes en URSS

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Ce livre constitue une nouveauté, et une sorte de record. Nouveauté d'abord parce qu'il ne sera plus possible de parler de l'Islam en URSS comme on en parlait jusqu'ici. Il était convenu en effet d'identifier l'Islam avec son appareil d'Etat, dans les républiques socialistes. Et il était admis que les confréries étaient une survivance du monde islamique du XIIIème siècle. Or on voit ici, au fur et à mesure d'une enquête minutieuse, que l'Islam officiel est en réalité fort peu représentatif et que ce sont les confréries religieuses qui, grâce à une solide hiérarchie intérieure, ont une existence sociale et politique réelle et influente ; parfaitement organisées et adaptées aux contraintes d'un monde officiellement marxiste-léniniste, elles représentent, paradoxalement, l'Islam le plus vigoureux et le plus efficace. Ce livre est aussi une performance méthodologique : sur un univers par la force des choses très secret, les auteurs n'avaient à leur disposition que des récits de voyageurs souvent contradictoires et des sources soviétiques forcément hostiles. Leur connaissance des lieux et des milieux leur a permis, en dépit de ces obstacles, d'aboutir à une analyse aussi pénétrante qu'objective.