Les îles du Pacifique, au cœur ou en marge de la mondialisation ?

Les îles du Pacifique, au cœur ou en marge de la mondialisation ?

Le centre ville d'Honolulu (« Downtown ») est devenu une C.B.D. (Central Business District, quartier des affaires et des banques) des villes américaines, qui témoigne de la totale intégration de l'archipel dans l'ensemble des États-Unis en tant que 50e État (1959). On est loin ici des soubresauts des fragiles États insulaires de l'Océanie.(Photo de l'auteur)

Lorsque l'on évoque les îles du Pacifique, ce n'est pas bien sûr pas aux grands archipels de la bordure asiatique (Japon, Philippines, Indonésie) que l'on pense, mais à l'ensemble des petites îles constituant ce que l'on appelle traditionnellement l'Océanie insulaire pour la distinguer aussi des « grandes terres » océaniennes, Australie et Nouvelle-Zélande. Ces îles présentent le paradoxe, on le sait, d'être à la fois les terres les plus isolées du monde dans les immensités océaniques et des terres toutes peuplées bien avant l'arrivée des Européens. En effet, des groupes de populations « indigènes » se partagent en vastes aires culturelles, mélanésienne au sud-ouest, micronésienne au nord-ouest, et polynésienne au centre et à l'est. Remarquons que cette dispersion est le témoignage de l'une des plus formidables aventures maritimes de tous les temps, les Polynésiens étant parvenus à atteindre des points aussi isolés et éloignés que les îles Hawaï, l'île de Pâques, et la Nouvelle-Zélande.

Ces mondes insulaires océaniens ne sont entrés que très tardivement dans l'œkoumène des Européens. Les quelques îles entraperçues (et reperdues !) par les Espagnols à la fin du XVIe siècle (Salomon, Marquises, …), par les Hollandais au XVIIe et au début du XVIIIe siècle (Tasmanie, Nouvelle-Zélande, Tonga, Ile de Pâques …) n'empêchaient pas que survivât encore au milieu du XVIIIe siècle le mythe d'un continent austral aux latitudes tempérées et tropicales dans l'hémisphère sud-Pacifique. En revanche, il ne fallut qu'une douzaine d'années, entre la découverte de Tahiti par Wallis (1767) et celle des îles Hawaï par Cook lors de son troisième voyage (1778), pour que fût définitivement évacuée cette idée de continent austral et fixées sur la carte les principales îles et archipels.
La soudaine ouverture des îles s'y traduisit rapidement par l'amorce d'un déclin démographique des populations indigènes, frappées notamment par des maladies nouvelles (« choc microbien »). Ce déclin se poursuivit pendant tout le XIXe siècle, au point que la survie même de certains groupes parut menacée (Hawaïens, Marquisiens, Pascuans). Heureusement, dans les premières décennies du XXe siècle et surtout depuis la Seconde Guerre mondiale, on a assisté à une véritable renaissance démographique marquée par des bilans naturels parmi les plus élevés du monde. C'est la première étape classique de la « transition démographique ».
La crise démographique du XIXe siècle a démarré bien avant le partage colonial de l'Océanie, assez tardif*, puisqu'il s'est réalisé entre 1840 (annexion de la Nouvelle-Zélande par la Grande-Bretagne) et 1906 (mise en place du curieux système de condominium franco-britannique aux Nouvelles-Hébrides). Anglais, Français, Américains, Allemands se sont réparties les îles dans un contexte de rivalités politiques (parfois religieuses avec la concurrence entre catholiques soutenus par la France et protestants par les Anglo-Saxons), qui débouchèrent parfois sur de véritables crises (Tahiti avec l'affaire Pritchard, Samoa). La guerre de 1914 entraîne l'élimination de l'Allemagne au profit de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande … et du Japon. Dans bon nombres d'archipels, des Tonga et des Samoa aux Salomon et aux Nouvelles-Hébrides, cette tutelle coloniale ne modifia guère la primauté de l'agriculture vivrière traditionnelle malgré l'adjonction d'un modeste secteur de plantations commerciales. En tout cas, elle n'entraîna pas de modification importante de la composition de la population, restée en écrasante majorité « indigène »avec des apports très limités d'expatriés divers (blancs, Chinois, etc.). En revanche, dans un petit nombre d'ensembles insulaires, la population et donc la société ont été profondément modifiées par une immigration massive de main d'œuvre rendue nécessaire par le développement d'une économie « moderne », de type colonial, fondée sur des grandes plantations (canne à sucre par exemple) ou l'exploitation de richesse minières. Aux îles Fidji, les planteurs britanniques obtinrent l'annexion de l'archipel par la Grande Bretagne (1874) et l'accession au grand marché de main d'œuvre de l'Empire des Indes. La venue de plusieurs dizaines de milliers de coolies indiens et leur rapide enracinement grâce à la fécondité de leurs femmes (pourtant très minoritaires) fit naître ainsi une communauté qui se juxtaposa, sans aucunement se mélanger, aux Mélanésiens, les rattrapa numériquement et même les dépassa dans les décennies suivant la Seconde Guerre mondiale. Les colonisateurs britanniques, par crainte de voir les indigènes marginalisés par le dynamisme des nouveaux venus, mirent en place des garde-fous politiques (système de vote par collège garantissant une majorité aux Mélanésiens) et surtout foncier (interdiction aux Indiens d'acquérir la terre).

Le cas des îles Hawaï est encore plus démonstratif des transformations apportées par l'immigration. L'archipel, devenu grand producteur de canne à sucre à partir du « traité de réciprocité » (libre échange) avec les États-Unis en 1876, puis d'ananas pour la conserve après son annexion par les États-Unis en 1898, dut importer d'énormes quantités de main d'œuvre pour le développement de ses plantations ; quelque 400 000 immigrants en tout entre les années 1860 et 1993 affluèrent aux Hawaï, avec des origines très variées : par ordre d'importance, des Japonais, des Philippins, des Chinois, des Portugais, des Coréens, des Espagnols, des Porto-Ricains, et même des Allemands et des Norvégiens ! Les immigrés submergèrent la population indigène qui ne comptait plus, après une terrible régression au XIXe siècle, que quelque 38 000 individus, dont bon nombre de métis dans les premières années du XXe siècle.

Enfin, troisième cas, encore différent, celui de la Nouvelle-Calédonie, où après l'annexion en 1853, la France entreprit de créer une colonie de peuplement par la superposition maladroite d'une colonisation pénale (bagne 1864-1897), et d'une colonisation libre (« colons Feillet » par exemple), tandis que les indigènes mélanésiens étaient cantonnés dans des réserves. En même temps, le développement des mines de nickel rendit nécessaire l'importation d'une main d'œuvre de Japonais, de Javanais, de Tonkinois, et au moment du boom du nickel au début des années 1970, de Tahitiens et surtout de Wallisiens. Ces trois cas aboutissant ainsi à la mise en place de sociétés pluriethniques juxtaposant indigènes et immigrés, qui contrastent avec les sociétés « monoéthnique » de la plupart des îles (ce terme ne tenant pas compte de l'émiettement ethnolinguistique des populations mélanésiennes par exemple).

Ce monde des îles, divers et dispersé, fut largement bouleversé par la Seconde Guerre mondiale tant directement par les batailles qui s'y déroulèrent (de Pearl Harbor à Guadalcanal en passant par Midway, Tarawa et bien d'autres), qu'indirectement par l'établissement de vastes bases arrières américaines (de Bora Bora et Pago Pago à Wallis, aux Nouvelles-Hébrides et en Nouvelle-Calédonie). Les petites îles prirent alors une importance géostratégique (« porte-avions incoulables ») et géopolitique qu'elles conservèrent dans les décennies suivantes, dans le contexte de la guerre froide qui en faisait des enjeux et leur permettaient de pratiquer un jeu subtil de surenchères pour s'assurer les aides dont avaient besoin les jeunes États. Car les îles du Pacifique furent elles aussi prises dans le tourbillon d'une décolonisation qui se fit dans l'ensemble de façon paisible … et tardive. Le premier archipel à accéder à l'indépendance fut le Samoa Occidental en 1962, suivi en 1968 par la minuscule île de Nauru (21 km2, 7 500 habitants à cette date) dont la viabilité paraissait assurée par son très riche gisement de phosphate. Puis ce fut le tour des Fidji et des Tonga (1970), de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (1975), des Salomon (1978), de l'ancienne colonie des Gilbert et Ellice fragmentée en Kiribati et Tuvalu (1978-1979), et enfin du Vanuatu (1980), seule île où les clivages anglophones-francophones et protestants-catholiques- coutumiers engendrèrent des troubles sérieux. Dans les années 1980 s'y ajoutèrent les Mariannes du Nord, Palau, les Marshall et les États fédérés de Micronésie qui accédèrent à une indépendance-association avec les États-Unis. Mais d'autres archipels suivirent une voie différente. Les Hawaï, territoire des États-Unis depuis 1898, se prononcèrent massivement en 1959 en faveur de l'accession au rang de 50e États des États-Unis. L'intégration en 1965 de l'ouest de la Nouvelle-Guinée comme province d'Irian de l'Indonésie ressort évidemment d'une autre logique. Guam comme les Samoa Orientales devinrent des territoires largement autonomes, de même que les trois T.O.M. français, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, et Wallis et Futuna. Les deux premiers, Polynésie française et Nouvelle-Calédonie, ont connu, on le sait, une importante évolution statutaire les transformant en Pays d'Outre-Mer de plus en plus indépendants, jusqu'à, dans le cas de la Nouvelle-Calédonie, une échéance référendaire vers 2010-2015 à partir d'un corps électoral figé sur les bases de 1998. La prolifération des États et des Territoires a fait naître quelques institutions pouvant les rapprocher, comme la Communauté du Pacifique Sud (CPS) basée à Nouméa, et plus offensifs contre la France « colonialiste », le Forum des îles du Pacifique à Suva et le Fer de lance mélanésien.
Ce rapide tableau était nécessaire avant d'aborder la question fondamentale qu'évoque notre titre, quelle est la place de ces petits mondes insulaires dans un Océan Pacifique vers lequel, dit-on communément, s'est déplacé le centre du monde ? Ont-ils réellement profité de cet essor économique impressionnant des pays riverains, du développement massif des échanges et des flux d'hommes et de marchandises ? A l'évidence, leur petite taille, la faiblesse de leurs ressources les tient à l'écart : sauf la Papouasie-Nouvelle-Guinée, aucun n'est membres par exemple de l'APEC (Asia Pacific Economic Cooperation, crée en 1989). En dehors de leur éventuel attrait touristique et de quelques plantations et mines (Bougainville, Nouvelle-Guinée), ces petits États n'ont guère à offrir objectivement que l'immensité de leurs zones économiques exclusives issues du nouveau droit de la mer (1982) et les droits de pêche qu'ils peuvent y monnayer. Rappelons seulement qu'un micro État comme le Kiribati (690 km2) dispose d'une ZEE représentant 5145 fois sa surface terrestre ! Plus encore, ils ont perdu le rôle de relais ou d'escales sur les routes maritimes, et surtout aériennes. La traversée du Pacifique se fait d'une seule traite, et si Honolulu se situe dans les 20 plus grands aéroports américains, c'est que les Hawaï génèrent par elles-mêmes un formidable trafic touristique. Quant au rôle stratégique des îles, il n'a certes pas disparu, et Pearl Harbor à Honolulu, et Guam, restent aujourd'hui d'énormes bases aéronavales (comme Diego Garcia dans l'Océan Indien), clef de voûte du dispositif militaire américain. Mais il y a concentration sur un petit nombre de points, et la multiplication des bases secondaires a perdu son intérêt à l'heure des missiles intercontinentaux. La difficulté pour les petits États océaniens de se faire une place dans la mondialisation ne vient pas que de leur faiblesse économique. Elle tient aussi aux graves interrogations qui portent sur leur capacité à présenter une image crédible. Dans les premiers temps des indépendances, on a vécu un peu sur l'illusion d'une spécificité de l'approche océanienne des conflits, la fameuse « Pacific Way », fondée sur une solution par la discussion et le consensus. Mais deux faits ont brutalement ramené à la réalité. D'abord à partir de 1984, l'insurrection indépendantiste de Bougainville contre le pouvoir central de Papouasie-Nouvelle-Guinée installé à Port Moresby. C'est la vieille question « africaine » de l'intangibilité des anciennes frontières coloniales qui apparaissait ici dans le Pacifique, et donnait lieu à une guerre civile marquée par de sévères débordements des forces de pacification papoues. La trêve actuelle et les perspectives à longue échéance d'un référendum sur l'avenir de l'île ont pour le moment calmé le jeu. Plus grave peut-être encore par ses conséquences sur l'image des petits États insulaires du Pacifique, l'évolution de la situation aux Fidji s'est d'un seul coup dramatisée en 1987. Le jeune État (1970) avait perpétué la domination politique, militaire (police et armée constituées de Mélanésiens) et foncière des Mélanésiens sur des Indiens privés notamment de l'accès à la terre quoiqu'ils fussent ceux qui la cultivaient. Cet « équilibre » avait été remis en cause par des alliances entre Indiens et dissidents mélanésiens aux élections d'avril 1987. La riposte fut brutale : le lieutenant-colonel Rabuka renversa le nouveau premier ministre « pro-indien » Timoci Bavarda pour sauver les privilèges des Mélanésiens, et au risque d'une rupture avec les instances internationales et le Commonwealth. Depuis, la politique fidjienne oscille entre phases d'apaisement et nouveaux coups d'État, le dernier en décembre 2006 conduit par le général Bainimarama. L'irruption des militaires pour sauvegarder un système que certains assimilèrent à une forme d'apartheid a eu un retentissement considérable dans tout le Pacifique et entraîna dans l'archipel même une émigration d'une partie des élites indiennes … qui redonna une majorité numérique aux Mélanésiens.

Malheureusement, la faiblesse structurelle et la vulnérabilité des États ne se révélèrent pas que dans ces deux cas. Aux îles Salomon, la capitale Honiara, née en 1945 sur l'emplacement d'un camp militaire américain, avait été peuplée pour une large part d'immigrants venus de l'île voisine de Malaita, d'où colère et frustration des habitants de Guadalcanal. Ceux-ci s'organisèrent en une milice, Isabu Freedom Movement, qui en mai 2000 parvient à chasser quelques 25 000 Malaitans. Ces derniers revinrent en force en juin avec une « Malaita Eagle Force » pour reconquérir le pouvoir. La situation devint tellement explosive que le gouvernement dû faire appel en 2003 à une force de paix essentiellement australienne, tandis que fermaient les plantations de palmiers à huile et de cocotiers, et la mine d'or de Goldridge. Cela ne signifia pas le retour au calme, puisque les élections de 2006, marquées par l'affrontement entre des partis soutenus les uns par Taiwan, les autres par Pékin, débouchèrent sur un pogrom anti chinois et la dévastation de la Chinatown d'Honiara : triste façon d'être intégré dans la vie internationales par une surenchère de corruption dans la bataille sur la reconnaissance diplomatique de Taiwan.
Cette faiblesse congénitale des États insulaires océaniens se retrouve à travers deux plaies qui entravent sérieusement leur fonctionnement : la corruption et l'insécurité. La première est largement répandue du Vanuatu et des Samoa aux Tonga et à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, et se fonde en partie sur des systèmes de clientélisme politique, à base ethnique ou tribale notamment dans le monde mélanésien si fortement compartimenté. La seconde a pris une ampleur redoutable en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aussi bien en milieu rural que dans les villes. Port-Moresby, envahie de migrants venant des régions intérieures, passe aussi pour la ville la plus dangereuse du monde, avec plusieurs dizaines de milliers de jeunes « raskals » réunis en bandes d'une extrême violence, que ne parviennent guère à contrôler les policiers envoyés en renfort par l'Australie.

On a longtemps considéré que ces petits États océaniens bénéficiaient d'une sorte d'atout de la petitesse, avec des aides internationales par habitant particulièrement importantes, avec des émigrants fournissant d'importants revenus au pays d'origine, avec une bureaucratie pléthorique, le tout constituant cette économie « MIRAB » (Migration, Remittances, Aids and Bureaucracy) sur laquelle s'est construit leur développement. Mais tout ceci s'essouffle, et la recherche de nouvelles voies de croissance s'avère difficile, voire périlleuse. La tentation a été grande pour certains d'entre eux, et notamment les plus petits, d'utiliser leurs statut d'États indépendants, reconnus dans les instances internationales (où, par leur nombre, leur voix compte). Cette valorisation ne tirait guerre à conséquence lorsqu'il s'est agi, comme l'a fait le royaume de Tonga, de vendre des passeports tongiens à des hommes d'affaires de Hong Kong, inquiets du rattachement de la Chine, ou encore de commercialiser le sigle .tv du micro- État du Tuvalu, ou même d'accueillir des sites de téléphone rose au Vanuatu. Plus graves sont les complicités avec des phénomènes de dissimulation financière, voire de délinquance internationale qui ont introduit certains États dans la mondialisation par ses portes les plus glauques. On peut s'étonner par exemple de trouver au début des années 2000 les îles Marshall au 12e rang des flottes marchandes mondiales, avec 16 millions de tonnes de port en lourd, devant … les États-Unis (11,4 millions de t.) et bien devant la France (6,8 mt) ! Mais plus grave encore que ce rôle de pavillon de complaisance sont les participations directes à des évasions financières et à des circuits d'argent louche ou sale. Nombre de petits États océaniens ont été dénoncés périodiquement, voire placés sur la liste noire des organismes de lutte (GAFI, OCDE) contre la fraude et le blanchiment d'argent issu de toutes sortes de trafics. Le Vanuatu, Palau, les îles Cook, voire même Tonga ou le Samoa Occidentales apparaissent … ou disparaissent des listes au gré des mesures prises pour se concilier des instances internationales dont l'approbation conditionne les aides. Le cas le plus remarquable est celui de Nauru qui, après avoir dilapidé les énormes revenus de son gisement de phosphate aujourd'hui épuisé, s'est lancé dans le recyclage des capitaux mafieux russes. La Banque centrale de Russie a avancé pour 1999 le chiffre de 80 milliards de dollars ayant transité dans les quelque 400 banques « domiciliées » à Nauru. L'île a dû depuis prendre quelques mesures par se réconcilier avec l'Australie qui lui fournit presque tout le nécessaire pour vivre, et à ce titre, elle accueille par exemple dans un camp de transit, quelques centaines de clandestins Irakiens et Afghans refoulés par son grand parrain.

Ainsi, les petits mondes insulaires du Pacifique, longtemps considérés comme de paisibles petits paradis tropicaux, connaissent aujourd'hui une sorte de purgatoire qui en fait me paraît s'étendre jusque dans le domaine de la recherche, notamment en sciences humaines et sociales ; aspirée par les formidables perspectives du développement asiatiques, celle-ci délaisse quelque peu ces terres isolées, parfois immobiles, parfois conflictuelles. Elles méritent pourtant attention, par la richesse et la diversité des situations qui en fait de véritables laboratoires d'étude à échelle humaine.


*: A l'exception de quelques îles de la Micronésie, sur le chemin du galion de Manille, espagnoles dès la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle (Guam).