Accueil / Liste des événements / Les systèmes de numération dans les langues tibéto-birmanes

Les systèmes de numération dans les langues tibéto-birmanes

Les systèmes de numération dans les langues tibéto-birmanes

Partager sur :

Séminaire du Centre d’études himalayennes avec Martine Mazaudon Directrice de Recherche, CNRS-CEH

📅 jeudi 3 février 2022 de 15h à 17h
📍 En ligne

À propos de l’événement

La grande majorité des quelques 300 langues de la famille tibéto-birmane ont des systèmes de numération décimaux --basés sur le nombre 10--, comme la plupart des langues du monde contemporaines et comme leurs grandes voisines, le chinois et les langues indo-aryennes de l'Inde. Comme la plupart des langues du monde aussi, elles utilisent comme moyen favori de construction des nombres l'addition et la multiplication.

On peut pourtant découvrir dans certaines de ces langues d'autres principes d'organisation des nombres. Si certaines de ces formations sont isolées, comme dans les cas de réfection de systèmes en voie de disparition, d'autres sont régulières et révèlent des systèmes probablement plus anciens où les groupements par 20, 12, 5 ou 4, étaient plus courants. Ces autres bases peuvent être utilisées en parallèle avec un système décimal, ou mêlées avec lui, ou indépendamment. Le dzongkha, langue nationale du Bhoutan, a conservé, à côté d'un système décimal innovant, l'un des systèmes vigésimaux--à base 20-- les plus complets qui soient, avec des noms simples pour les puissances de la base jusqu'à 160 000 (20⁴).  Seul le Maya d'Amérique Centrale présente un système vigésimal d'une telle complexité.

Certains principes plus rares de construction des nombres comme la soustraction, ou très rares comme l'utilisation de fractions à l'intérieur d'un nombre complexe, et l'expression du nombre par protraction --compter vers--, sont largement attestés en tibéto-birman, quoique souvent ignorés par les descripteurs. 

Des enquêtes de terrain poussées sont urgentes pour recueillir ces systèmes qui disparaissent rapidement sous les efforts conjoints des éducateurs occidentaux et des locuteurs eux-mêmes, tous deux persuadés que ces systèmes "archaïques" sont un frein sur la voie du progrès socio-économique.

Photo by Faris Mohammed on Unsplash