Motion Events in Nepali

Motion Events in Nepali

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Soutenue en par Krishna Parajuli

Cette thèse s’intéresse à l’étude de l'expression des événements de mouvement en népalais, une langue indo-aryenne parlée au Népal par environ 12 millions de locuteurs. L'étude que nous présentons dans cette thèse est basée sur deux types de données : les données descriptives et les données narratives. Plus particulièrement, les données descriptives ont été collectées à l’oral via des élicitations avec des locuteurs népalais en utilisant deux ensembles de stimuli vidéo, le matériel vidéo « Put and Take » (Bowerman et al., 2004) et le matériel vidéo « Trajectoire » (Ishibashi et al., 2006). Les données narratives, quant à elles, ont été extraites du Corpus National du Népalais (NNC).Tout d'abord, l'analyse des données descriptives révèle la diversité des verbes utilisés par les locuteurs népalais dans l'expression des événements de mouvement causés et spontanés, avec respectivement 85 et 54 verbes différents dans l'emplacement du verbe principal (par exemple, raakhnu 'mettre' dans les événements de mouvement causés et jaanu 'aller' dans les événements de mouvement spontanés). Dans les deux événements, il existe de grandes distinctions sémantiques entre les verbes ainsi qu'entre eux. D'un point de vue sémantique, les verbes que l'on trouve dans les deux événements lexicalisent soit la Trajectoire, soit la Manière ou, occasionnellement, d'autres aspects du mouvement, les verbes codant la trajectoire étant plus nombreux que les verbes lexicalisant la Manière. Dans les deux types d'événements, les dispositifs lexicaux impliquent également des adverbes (par exemple, baahira 'à l'extérieur', indiquant la Source et le franchissement de frontière de la Trajectoire, et bhitra 'à l'intérieur', indiquant le But et le franchissement de frontière de la Trajectoire). Les marqueurs de cas locatifs (-maa 'dans' indiquant le But) et ablatifs (-baaTa 'de' indiquant la Source), ainsi que les postpositions (par exemple, -maathi 'au dessous', -bhitra 'dedans', et -tira 'vers' décrivant le But) sont les dispositifs grammaticaux utilisés dans ces événements. Deuxièmement, cette thèse examine l'utilisation de loci morphosyntaxiques pour l'expression de Trajectoire, y compris les constructions simples et complexes dans les deux types d'événements. Les données révèlent différentes stratégies utilisées par les locuteurs dans l'expression de la Trajectoire. La Trajectoire peut être exprimé avec un à cinq loci dans les événements de mouvement causés et avec un à six loci dans les événements de mouvement spontanés. Néanmoins, le nombre de loci où la Trajectoire est exprimée est beaucoup plus élevé dans les données narratives, allant d’un à neuf loci. Lorsque la Trajectoire est exprimée dans un seul lieu, elle est véhiculée soit par le verbe seul, soit par le marqueur de cas soit par la postposition, et lorsqu'elle est exprimée dans deux ou plus de deux lieux, elle est typiquement distribuée entre le verbe et certains dispositifs grammaticaux ou par la combinaison de dispositifs lexicaux (verbe, adverbe) et grammaticaux (marqueurs de cas, postpositions). Troisièmement, l'analyse des données descriptives et narratives montre que le népalais utilise systématiquement le modèle à cadre verbal (V-framed) pour encoder les événements de mouvement, la Trajectoire étant exprimée dans de telles constructions dans le verbe principal. Cependant, les données révèlent également l'utilisation du schéma cadre verbal inverse encadré (inverse V-framed pattern) (Pourcel, 2004b ; Pourcel & Kopecka, 2005). Le népalais présente donc les caractéristiques d'une langue à cadre verbal (V-framed ; cf. Talmy, 2000) comme, par exemple, le français, l'espagnol, l'hébreu, le turc ou le japonais. Par conséquent, la Manière de mouvement a tendance à être soit omise, soit exprimée explicitement dans un participe conjonctif, une expression aspectuelle ou adverbiale ou dans un idéophone. Dans une moindre mesure, la Manière est également lexicalisée dans le verbe principal.