Reconnaissance sonore de la divinité à travers la danse kagura (Japon)

Reconnaissance sonore de la divinité à travers la danse kagura (Japon)

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Soutenue en par Akiko Hirai

Ce travail tend à analyser la connotation religieuse du kagura, le divertissement rituel shintoïste au Japon, en examinant la structure choréo-musicale de la cérémonie dans laquelle il est représenté. La notion de kagura est large et ne se laisse pas facilement identifier d’autant qu’elle ne présente pas une caractéristique musicale. Ce problème a trait à un défaut de perspectives autour des phénomènes sonores. Ainsi, malgré sa grande variété, seul l’accompagnement dela danse est traité comme de la musique. Nous avons donc recherché une nouvelle manière de l’appréhender. Le kagura a pour objet la communication entre l’homme et la présence divine, le kami. Il est souvent expliqué de manière métaphorique, comme un récipient divin dans lequel on convoque le dieu pour bénéficier de son pouvoir surnaturel. Mais la notion apparaît alors essentielle ment conceptuelle. Afin de confirmer son efficacité, les fidèles ont besoin de le coder de manière à le rendre perceptible. Selon notre hypothèse, les sons, les musiques et les danses utilisés dans le cadre de cette cérémonie visent cet objectif de matérialisation. Pour le prouver, nous prenons sept exemples, notamment la cérémonie Odaidai représentée au sanctuaire Kawaguchi-Asama-jinja au centre du Japon. Notre analyse structurale éclaircit la technique chamanique cachée dans la chorégraphie. Ainsi, nous pouvons confirmer que cette méthode est compatible avec l’analyse des gestes dans les rituels, dès lors que la danse n’est que la continuité de la technique chamanique. Même de nos jours où la dimension spectaculaire du kagura est de plus en plus forte, tant qu’il est représenté correctement, le rituel est efficace.