Rencontres de l’Afrase 2020 Des histoires de familles, alliances, filiations et récits de soi en Asie du Sud-Est

Rencontres de l’Afrase 2020 Des histoires de familles, alliances, filiations et récits de soi en Asie du Sud-Est

Rencontres de l’Afrase 2020

24 janvier 2020

Salons de l’Efeo, Paris

Des histoires de familles, alliances, filiations et récits de soi en Asie du Sud-Est

 

Programme

 

14h Introduction, Mais Aberdam, « Faire lignée »

14h20 Anikó Sebestény, « La fabrication rituelle et relationnelle d'ancêtres proches des vivants à Bali (Indonésie) ».

14h50 Sunny Le Galloudec, « Une journée commémorative dans le nord du Vietnam. Le culte des ancêtres, fer de lance du renforcement des liens familiaux ».

15h20 Pause

15h40 Davi de Carvalho Malheiros, « Qui aider, qui ne pas aider ? » : tensions entre le modèle individualiste libéral et le rapport au groupe de parenté entre ici (l'Allemagne) et là-bas (les Philippines) »

16h10 Myriam Dao, « Une famille de cœur à Paris, 1950 - 2010 : la mémoire des indépendances dans la "famille" des colonisés à Paris, inspire un travail artistique »,

16h40 Conclusion générale

17h15 AG de l’Afrase

18h30 pot

 

Dans les sociétés d’Asie du Sud-Est, la famille - au sens de groupe de parenté - demeure le premier espace de sociabilité et la principale ressource d’entraide des personnes. Parfois tentaculaires, les réseaux de parents participent voire encadrent les hiérarchies sociales, la structuration des territoires et les systèmes économiques. La famille sud-est asiatique dépasse en effet les limites de la filiation et de l’alliance réelles en reconnaissant de nombreuses formes de parenté symbolique. Le modèle individualiste libéral progresse en Asie du Sud-Est et tend à souligner les contraintes que l’adhésion à cette collectivité peut faire peser sur les personnes. Cependant la famille conserve une valeur positive, espace privilégié de l’affection, de la confiance et de la protection. Les individus peuvent s’y accomplir en se revendiquant de son identité et en s’impliquant dans sa perpétuation. Les limites à la liberté individuelle induites par les logiques d’appartenances sont ainsi compensées par les opportunités sociales permises par la logique d’entraide dans la collectivité. Les évolutions parfois brutales et l’instabilité politique de certaines des sociétés d’Asie du Sud-Est ont d’ailleurs tendance à renforcer le recours aux logiques familiales en tant qu’elles seraient des instruments de résilience des communautés. Contraintes à la séparation du fait des nombreux types de migrations pratiquées par les sociétés sud-est asiatiques, les familles se sont parfois construites en tant qu’entités transnationales : elles témoignent aujourd’hui de l’existence de multiples relations entre les identités régionales et internationales.

Les chercheurs ont démontré la nécessité de comprendre les structures familiales pour envisager d’étudier les sociétés sud-est asiatiques. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de ne pas distinguer sphères publiques et privées mais de considérer un même espace social hiérarchisé par les relations de parenté et de parentalité. Ils ont cherché à recueillir les récits généalogiques ou les biographies familiales. Ce faisant, ils se sont confrontés aux stratégies d’évitement mis en place par leurs informateurs. Car si la référence au milieu familial est permanente, la description de ce milieu fait parfois l’objet d’un tabou. Nombre d’individus souhaitent en effet conserver cachées leurs histoires de famille. Certains ignorent, volontairement ou involontairement, d’autres dissimulent ces récits. Tous mettent en évidence les ruptures dans la chaîne de transmission généalogique et valorisent alors la mémoire familiale comme une donnée majeure de leur identité.

L’objet des Rencontres de l’Afrase 2020 est donc de considérer comment les individus expriment leurs relations à leurs parents et au groupe qui les réunit, quelle que soit la nature de la famille ainsi considérée : famille réelle, famille étendue, famille reconstruite ou famille imaginée. Nous nous intéressons à la manière dont on parle de la notion de famille, comment on raconte l’histoire de sa parenté et comment on construit son récit biographique par rapport au groupe en Asie du Sud-Est. On s’interroge alors sur les logiques de conservation, de transmission, de dévoilement ou bien de dissimulation du savoir familial et de ses ressources ainsi qu’aux usages que les descendants font de celles-ci.

Les supports de ces récits et leur mode de transmission sont multiples : on s’intéresse en particulier aux conditions de la transmission du savoir généalogique à travers l’oralité, mais également à la production de textes manuscrits, typographiés, imprimés, de dessins ou d’œuvres d’art, comme à la production de témoignages photographiques et filmés voire de documentaires qui peuvent mettre en lumière le patrimoine familial. L’emploi généralisé des médias et réseaux sociaux dans les sociétés asiatiques nous intéressent particulièrement. Nous souhaitons notamment aborder la nature transnationale des familles sud-est asiatiques à travers les thèmes de la reconstitution des groupes de parents, de la communication et des échanges à échelle internationale. On s’intéresse enfin à l’expression de l’absence, de la perte ou de la rupture avec la famille dans le récit biographique et à leurs conséquences dans la représentation de la collectivité. 

 

Affiche