Tracer sa voie/x : une ethnocritique du cycle indochinois de Marguerite Duras

Tracer sa voie/x : une ethnocritique du cycle indochinois de Marguerite Duras

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Soutenue en par Savannah Kocevar

Cette recherche ethnocritique vise à appréhender la poétique culturelle à l’œuvre dans le cycle indochinois de Marguerite Duras. Composé d’Un barrage contre le Pacifique (1950), L’Eden Cinéma (1977), L’Amant (1984) et L’Amant de la Chine du Nord (1991), le corpus reprend le fil narratif « autobiographique » de l’enfance coloniale par la réminiscence des mêmes thèmes et motifs constamment retravaillés. L’objectif de notre recherche est d’interroger l’expression d’une culture plurielle : les questions de pratiques culturelles, de polyphonie langagière, de dialogisme culturel, d’intertextualité et d’interpénétration des cultures dans l’œuvre de Marguerite Duras paraissent fondamentales pour saisir les enjeux de l’écriture durassienne. Par ailleurs, en s’appuyant sur une herméneutique culturelle du récit, notre thèse propose de pénétrer les systèmes symboliques des textes de manière à mettre en lumière la structure rituelle sous-jacente des récits durassiens. À notre sens, les personnages durassiens et leurs trajectoires sont indissociables de la notion d’initiation. Plus encore, nous posons pour hypothèse que les enjeux initiatiques concernent également la narratrice (projection fictionnelle de l’autrice) et la traversée créative de l’autrice réelle/historique. Analyser les continuums et les belligérances entre les traits caractéristiques de l’oralité (et donc de la corporalité) et ceux de la littératie nous amène par conséquent à porter un regard autre sur le processus de création.