Spectacles japonais et artistes occidentaux à l'âge d’or du japonisme : un exemple d'interculturalité ? Autour de Sada Yacco et Hanako

Spectacles japonais et artistes occidentaux à l'âge d’or du japonisme : un exemple d'interculturalité ? Autour de Sada Yacco et Hanako

Journée d'étude organisée par l'Institut français de recherche sur le Japon à la Maison franco-japonaise : Spectacles japonais et artistes occidentaux à l'âge d’or du japonisme : un exemple d'interculturalité ? Autour de Sada Yacco et Hanako
 
📅 samedi 30 janvier 2021 / 10 h - 17 h 15
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À propos de l'événement

Sada Yacco (1871-1946) est, successivement, ou à la fois, geisha, danseuse et actrice, à une époque où les femmes viennent tout juste d’être (ré)autorisées à se produire sur scène au Japon. Après une tournée aux États-Unis où, avec la troupe de son mari, Kawakami Otojirō (1864-1911), elle fait l’expérience du choc des cultures, elle triomphe à Paris, d’abord au moment de l’Exposition universelle de 1900, puis lors de sa tournée européenne de 1901-1902, qui la conduit jusqu’aux confins du Vieux Continent.

Elle suscite, au début du XXe siècle, l’engouement du public et des artistes, souvent désireux de faire son portrait, que ce soit le jeune Pablo Picasso, l’Italien Leonetto Cappiello, l’Austro-Tchèque passionné de Japon Emil Orlik ou encore l’Allemand Max Slevogt, pour ne citer qu’eux. Icône japoniste, incarnation fantasmée de la femme japonaise aux yeux du public occidental, pour qui enfin les « »estampes prennent vie », les élégantes du Paris de la Belle Époque allant même jusqu’à s’arracher les kimonos portant son nom. Elle ouvre la voie à Hanako, une autre danseuse et actrice japonaise qui, quelques années plus tard, inspire de nombreuses œuvres à Rodin.

Au cours de ce colloque, au-delà de la figure centrale de Madame Sada Yacco, les intervenants chercheront à réévaluer quelques aspects de l’influence des arts de la scène et du spectacle japonais en Occident en les replaçant dans le contexte du japonisme, tout en prenant en compte, notamment, les spectacles d’acrobates – qui inspirent l’homme de lettres et dandy Robert de Montesquiou –, et dont on redécouvre aujourd’hui le succès, mais aussi en rappelant le retentissement, peu connu en Europe occidentale comme au Japon, de la tournée de Sada Yacco dans l’Empire des Habsbourg, à travers l’exemple de trois de ses provinces (Kronländer), ou encore la rencontre entre des danseurs japonais en quête de modernité et celle qui révolutionna la danse à cette époque, Isadora Duncan.

Influences croisées, à plusieurs niveaux, là où on ne les attendait pas forcément… Un modèle d’interculturalité au début du XXe siècle ?

Emil Orlik (1870-1932), Portrait de l’actrice Sada Yacco, Berlin, 1901