Appel à contribution du numéro 59 d’Ebisu. Études japonaises

Appel à contribution du numéro 59 d’Ebisu. Études japonaises

Films en miroir. Quarante ans de cinéma au Japon (1980-2020)
 
Date limite d’envoi des déclarations d’intention (titre provisoire et résumé de 800 signes) : 30 septembre 2020
Date limite d’envoi des articles : 1er avril 2021
 
L’histoire du cinéma au Japon reste polarisée par deux « âges d’or » : les années 1930 et les années 1950, désignant deux périodes d’excellence, tant en termes de production qu’en termes artistiques. Les films qu’on leur associe volontiers, ceux d’Ozu, Mizoguchi, Naruse ou Kurosawa, exprimeraient la quintessence d’un cinéma proprement japonais. Mais un âge d’or n’a d’impact qu’à proportion du marasme qui l’entoure : des balbutiements du cinéma primitif aux provocations des nouvelles vagues, en passant par les avanies de la propagande militariste, l’historiographie trouverait en tout cas son modèle dans cette scansion entre apogée et déclin. Toutefois, soixante ans après la fin de son dernier « âge d’or », quelle pertinence ce modèle peut-il encore avoir, sinon pour déplorer la gloire passée d’une production désormais sans queue ni tête ?
Autour de 1980, le paysage cinématographique a achevé une mue débutée vingt ans plus tôt : le système des studios qui le structurait s’est effondré, laissant place à de nouveaux acteurs, de nouveaux agencements. Les cinéastes de la période sont toutefois victimes d’un étrange paradoxe. Contemporains des outils vidéo et numériques, des bases de données et d’Internet, leurs films jouissent a priori d’une visibilité sans précédent. Or, leur appréhension hors du Japon semble toujours aussi fragmentaire, peinant à en comprendre logiques et enjeux.
 
Ce numéro se propose de repenser les quarante dernières années du cinéma japonais, selon plusieurs axes :
  • la refonte du paysage industriel et des modalités de production, de l’immixtion d’acteurs extra-cinématographiques à la création de comités à responsabilité partagée (seisaku iinkai), sans oublier l’émergence de structures indépendantes ;
  • l’apparition d’une génération nouvelle : cinéastes, comédiens et idols, producteurs. On privilégiera aux approches stricto sensu auteuristes les approches transversales, mobilisant des filmographies hétérogènes, afin de mieux souligner les dialogues, les concurrences, les divergences ;
  • la mise en problème des enjeux sociétaux contemporains : la bulle et son dégonflement, la « décennie perdue », le développement du capitalisme (néo)libéral ; les problématiques environnementales (urbanisation et pollution) et/ou liées au séisme de Hanshin-Awaji en 1995 à Kobe et à la triple catastrophe du 11 mars 2011 ; la question des minorités ; le retour sur l’histoire du xxe siècle (voire sa révision) ;
  • l’environnement théorique des films, le dialogue avec les nouvelles voix de la critique, la possibilité même, enfin, d’une théorie du cinéma à l’heure où s’imposent nouvelles plateformes et media studies.